"Roh la la, il va falloir encore se taper tous les petits vieux aujourd'hui, on est lundi matin, tu vas voir dès 9h00, ils vont être le nez collé à la porte , je les vois d'avance, ils attendent que le rideau de fer soit ouvert, ils s'approchent des portes vitrées, limite s'ils n'y collent pas leur visage ahuri pour voir à travers, puis la fille de la caisse centrale donne la clef à Karim, sans se presser, il ira ouvrir , ou plutôt il traînera son corps de mammouth jusqu'à l'entrée et prendra tout son temps, pour faire tourner la clef dans les serrures... Je me demande si d'ailleurs il ne fait pas exprès "le" Karim...Hein? ça ne m'étonnerait pas, et puis ils débouleront d'un pas lent, avec leur caddie sur roulettes à tissu écossais dans les rayons, certains sont sympas remarque! Le petit Monsieur tout maigre, avec son imperméable trop grand, tu sais, celui qui a un chapeau mou, avec un ruban usé et d'un gris fané, il est gentil lui, il enlève toujours son chapeau lorsqu'il vient nous saluer, il me fait de la peine, tiens on imagine toujours qu'il va se briser en deux..."
Elsa se retourna vers sa collègue encore une fois et lui fit un clin d'oeil:
"j'adore imaginer la vie des gens rien qu'en les regardant faire leur course, leur façon de marcher , leur regard, ce qu'ils achètent aussi, très important ce qu'ils achètent".
Elsa, était caissière chez Modoprice depuis plus de dix ans, elle avait une nature optimiste, gaie, une facilité à s'exprimer, et une lueur sympathique dans ses yeux bleus marine et vifs, plutôt petite, de nature épicurienne, elle avait des formes, était bien proportionnée, savait se mettre en valeur simplement juste en connaissant ses points forts, ses atouts, de beaux cheveux ondulés acajou, qu'elle retenait en un chignon désinvolte, des chemisiers à dentelles ou brodées près du corps, des jupes virevoltantes à godets, ou longues qu'elles portaient toujours accompagnées de larges ceintures en cuir noir et vernis, les chaussures étaient sa passion, elle portait des escarpins à talons bobines toujours, souvent d'un rouge carmin, et l'hiver des paires de bottines lacées noires qui lui donnaient un air de Mary Poppins de banlieue...
Elsa était vive, bavarde et discrète à la fois, courtoise et observatrice, intelligente et pertinente.
Elle était aimé par ses collègues, ses supérieurs hiérarchiques et les clients fidèles de Modoprice, qui l'appelait Mademoiselle Elsa, prénom brodé en lettres cursives rouges sur sa blouse blanche à rayures verticales.
Elle rougissait parfois lorsqu'un client lui disait 'qu'elle était bien jolie aujourd'hui, qu'elle sentait bon la violette, qu'elle était la fleur la plus fraîche et la plus jolie du magasin, heureusement qu'elle était là, le magasin serait bien triste autrement... '
Elsa était habituée aux "déclarations" quotidiennes de ces personnes , de cette clientèle de quartier, du troisième âge, qui venait passer une heure parfois moins, parfois plus, flânant dans les rayons vides et tristes du supermarché, pour ne ressortir qu'avec une boite de sardines à l'huile ou un paquet de riz...Juste pour être vu, échanger quelques mots anodins avec le boucher qui met ses paquets de viande en rayon, croiser le regard de l'employée de libre service s'occupant du réassort des conserves et obtenir un sourire, se sentir dans le monde des vivants, respirer le même air que les "actifs" , montrer que l'on a sa place, même si l'on est discret, que l'on ne parle pas fort, que l'on ne parle voir même plus, que l'on tient une place sur le trottoir devant la porte vitrée, devant les vitrines aux couleurs modernes, vives, claquantes de vie des grands magasins.
Elsa savait tout ça, elle était agréable, spontanée, souriante, aimable avec les habitués, et remarquait toujours lorsqu'une chose différait dans l'habituel rituel quotidien, ses yeux radars infaillibles analysaient , rapidement et tiraient des conclusions.
Le mercredi après midi, elle traînait ses deux billes bleu marine vers le rayon maquillage, là elle y repérait un petit groupe d'adolescente, vêtues de la même manière ou presque, petits blousons courts, jeans et baskets, même cheveux longs châtains où elles cachaient leur visage, même gestes maladroits et qu'elles croyaient rapide pour terminer les mains bien au fond des poches.
Là, Elsa dodelinait de la tête, et au moment où les adolescentes allaient passer à sa caisse, du côté sortie sans achat, elle levait le menton, en pointant son doigt vernis d'un rouge Ferrari vers l'adolescente qui semblait mener le groupe, et de sa gouaille habituelle, d'un ton très naturel lançait:"Vous auriez pu prendre un caddie les filles, ben oui, vous pourriez avoir des ennuis à trimballer la marchandise dans vos poches..." Puis, sans avoir fait signe au vigile, ni alerté la caisse centrale: "Vous prenez ou vous me laissez ?"
Son naturel déconcertait, cette façon désarmante d'affronter les gens, quels qu'ils soient faisait d'Elsa, une femme hors du commun, un témoin du détail, du quotidien.
Il y a pourtant une personne qu'elle avait du mal à cerner, une personne qu'elle n'arrivait pas à étiqueter, à mettre dans une catégorie, une personne qu'elle n'imaginait pas à l'extérieur, et cela était un challenge important pour elle, le côté mystérieux, impalpable, la discrétion parfaite qui émanait de cette cliente là, la perturbait, la faisait parfois se réveiller la nuit comme un enquêteur sur le "grill", perplexe devant une enquête , un dossier épineux et une situation opaque, inextricable.
Rien ne transpirait, rien ne débordait de ce personnage énigmatique, même son nom, puisque cette cliente là , et ce depuis des années réglait ses courses en espèces , billets et monnaies tintantes et trébuchantes, rien ne pouvait paraître plus énigmatique et passionnant pour Elsa, découvrir qui était Madame H, comme l'avait surnommé Elsa.
dimanche 10 août 2008
vendredi 25 juillet 2008
VERTIGE
Souvent la vie est semée de notes, d'anicroches, de souvenirs intenses , de sensations féroces, que l'on pensait enfouies "là" à tout jamais.
Gardés par la Raison, cerbère sans émotion, cette raison se tient là droite comme un i, mais dans amour il n'y a pas de lit , pour la raison.
l'amour est une vague qui m' emporte, me bouscule , me tord les sens, brûle mon coeur, mais aussi me stimule, fait battre nos âmes à l'unisson.
Et moi, mon sixième sens, savait bien avant l'heure que la raison se leurre,on a trop souvent peur ,de nos émotions, de nos sensations, d'un sentiment unique , salvateur, et magique, un feu sans artifice, mais tellement féerique.
Le coeur a ses raisons que la raison ignore, le mien est enfermé dans une boite de Pandore
Pour percer son mystère, cette aura qui l'honore, encore faudrait t'il découvrir, trouver son nombre d'Or.
Et si s'abandonner c'est aimer sans limite, sans frontière, sans question, je veux boire à son calice, déguster sans hésiter, ce filtre de liberté, la douce ambiguïté que me donne le vertige, une sensation de lâcher prise et de délice.
Je veux sentir le vent de liberté qui souffle dans les bras de celui pour qui mon coeur s'essouffle.
Je veux trembler d'effroi pour cet amour là, dont l'écho est le bruit du fouet qui claque si fort aux tympans des incrédules, qui n'espèrent plus déjà, que l'amour est une force sans pareille, une paire d'ailes faites rien que pour moi qui vole dans le noir, guidée par mon miroir, mon âme soeur et unique combat.
Gardés par la Raison, cerbère sans émotion, cette raison se tient là droite comme un i, mais dans amour il n'y a pas de lit , pour la raison.
l'amour est une vague qui m' emporte, me bouscule , me tord les sens, brûle mon coeur, mais aussi me stimule, fait battre nos âmes à l'unisson.
Et moi, mon sixième sens, savait bien avant l'heure que la raison se leurre,on a trop souvent peur ,de nos émotions, de nos sensations, d'un sentiment unique , salvateur, et magique, un feu sans artifice, mais tellement féerique.
Le coeur a ses raisons que la raison ignore, le mien est enfermé dans une boite de Pandore
Pour percer son mystère, cette aura qui l'honore, encore faudrait t'il découvrir, trouver son nombre d'Or.
Et si s'abandonner c'est aimer sans limite, sans frontière, sans question, je veux boire à son calice, déguster sans hésiter, ce filtre de liberté, la douce ambiguïté que me donne le vertige, une sensation de lâcher prise et de délice.
Je veux sentir le vent de liberté qui souffle dans les bras de celui pour qui mon coeur s'essouffle.
Je veux trembler d'effroi pour cet amour là, dont l'écho est le bruit du fouet qui claque si fort aux tympans des incrédules, qui n'espèrent plus déjà, que l'amour est une force sans pareille, une paire d'ailes faites rien que pour moi qui vole dans le noir, guidée par mon miroir, mon âme soeur et unique combat.
mardi 1 juillet 2008
C'EST L'HISTOIRE D'UNE RUPTURE
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture
comme une éclaboussure, en pleine figure
Si jamais d'aventure tu y crois dur comme fer, alors là c'est foutu, tu commets l'imposture de croire
que tout perdure
Tu t'es grisé d'instants, de moments éphémères, cet amour à perpet tu voulais tant qu'il dure,
comme une éclaboussure, en pleine figure
Si jamais d'aventure tu y crois dur comme fer, alors là c'est foutu, tu commets l'imposture de croire
que tout perdure
Tu t'es grisé d'instants, de moments éphémères, cet amour à perpet tu voulais tant qu'il dure,
déjà arrive la phase dite de "déconfiture", le goût amer ,sourde sensation, profonde coupure.
La Passion est un train qui file à grande allure, souvent à l'arrivée on découvre des fêlures.
A force de se convaincre que le bonheur existe, on se croit magicien, on commet l'imposture (deux fois)...
De croire qu'il existe sur terre notre moitié d'agrume, un bel alter égo , mais sans tous nos défauts, il est beau de penser , rêver, imaginer qu'il pourra panser un jour toutes nos blessures.
imaginer une vie sous un ciel bleu azur, un soleil électrique, un vent doux , caressant.
J'ai senti le vertige, j'ai perçu la morsure, le désir si piquant , le baiser du frelon .
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture, l'égo trip amoureux se termine en fracture.
A force de se convaincre que le bonheur existe, on se croit magicien, on commet l'imposture (deux fois)...
De croire qu'il existe sur terre notre moitié d'agrume, un bel alter égo , mais sans tous nos défauts, il est beau de penser , rêver, imaginer qu'il pourra panser un jour toutes nos blessures.
imaginer une vie sous un ciel bleu azur, un soleil électrique, un vent doux , caressant.
J'ai senti le vertige, j'ai perçu la morsure, le désir si piquant , le baiser du frelon .
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture, l'égo trip amoureux se termine en fracture.
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture, saut de l'ange No Future, pour cette mésaventure.
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture, habitue toi enfin à ce que rien ne dure.
C'est l'histoire d'une cassure, c'est l'histoire d'une rupture, requiem pour naïfs et rêveurs au coeur pur.
vendredi 25 avril 2008
EPISODE 10: LA CHUTE

Simon entra dans son appartement , posa ses clefs, sa veste, défit son noeud de cravate, déboutonna sa chemise, l'enleva, la jeta sur son lit, puis alla faire couler un bain, tandis qu'il s'inspectait sous la lumière blafarde du néon de la salle de bain, la sonnerie de la porte retentit, Simon ne bougea pas, fixant son reflet dans le miroir, surpris et lassé par ce visiteur impromptu.
Il passa rapidement sa chemise qu'il avait abandonné 5 minutes plus tôt, et demanda avant d'ouvrir la porte:
"Qui est-ce ?"
Un "C'est moi, Hélène" fut le sésame qu'il attendait, il ouvrit promptement, et accueillit sa maîtresse qui entra prestement dans l'appartement.
Alors qu'il allait la prendre dans ses bras, elle feignit de se recoiffer devant le miroir de l'entrée, sourit et entra directement dans le salon.
Simon qui sentait les choses, instinctivement, animalement, restait les mains dans les poches la regardant évoluer à son aise dans son salon, elle ouvrit les volets roulants, puis fit glisser le store vénitien, tous ses gestes étaient empreints de délicatesse, de douceur et d'habitudes.
Elle s'installa sur le canapé après avoir fait glisser ses sandales à hauts talons sur la moquette, puis s'étira comme le ferait une chatte siamoise délicate et à demie endormie.
Simon avança enfin jusqu'à elle, et s'agenouilla près du canapé, elle prit sa tête et en caressa le crâne , Simon ferma les paupières.
"Tu m'as manqué" dit il simplement, elle ne répondit pas, puis s'assit et demanda d'un air détaché:
"Tu aurais quelque chose à boire?" Un peu décontenancé , il se leva et se dirigea vers la cuisine, d'où il proposa en haussant la voix:
"Du jus d'orange? du Perrier, ce que tu veux..." Elle ne répondit pas, il entendit seulement le bruit d'un verre posé sur la table et d'une bouteille que l'on débouche, il ferma le réfrigérateur et découvrit Hélène assise de nouveau sur le canapé un verre de cognac à la main.
Il sembla à Simon que quelque chose était en train de se passer, une scène dans laquelle il n'était que le spectateur, un témoin impuissant et passif d'un scénario sur lequel il ne savait pas improviser...
"Tu bois de l'alcool?" elle ne répondit pas, elle faisait valser le liquide couleur d'ambre dans son verre , d'un air songeur et préoccupé.
Simon s'assit près d'elle, lui prit la main qui n'était pas occupée et l'embrassa doucement, elle sourit et se retourna vers lui:
"Oui, tu vois je bois de l'alcool, j'en avais besoin, aujourd'hui , en ce moment précis"
Simon sentait son coeur battre à tout rompre, il s'attendait à tout moment à recevoir un pieu dans le coeur, il se leva et s'écria :
"Qu'est-ce que cela signifie? parle moi "
Hélène posa son verre après avoir bu une gorgée et toussé, Simon attendant, fébrile:
"Je ne suis plus enceinte" alors que Simon allait se précipiter vers elle près à la serrer dans ses bras, elle le repoussa doucement, en lui touchant le bras:
"Non Simon, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà..."
Simon changea d'expression , il fronça les sourcils et s'exclama:
"De quoi parles tu? Viens en au fait et vite"
Hélène surprise du ton de son amant, rougit un peu, puis baissa les yeux:
"Il y a ... que nous deux c'est terminé, c'est la fin"
Elle le fixa droit dans les yeux en terminant sa phrase, Simon se laissa tomber sur un fauteuil et pris sa tête entre ses mains:
Hélène vint près de lui et lui caressa la nuque d'une façon presque maternelle, les liens passionnels, passionnés qui les avaient uni semblaient n'avoir jamais existé, un grand silence régnait, Simon redressa la tête brusquement :
"Mais, on s'aime tous les deux, et cet enfant... " Hèlène se leva, frotta ses mains nerveusement l'une contre l'autre et alla près de la fenêtre, tournant le dos à son amant:
"Je ne pouvais pas décemment garder cet enfant, je n'ai plus l'âge pour être mère, enfin, je n'en ai pas envie...toi tu es jeune, tu as toute ta vie devant toi, moi, le meilleur je l'ai eu avec toi sans doute, mais désormais, nos routes se séparent "
Simon s'était levé brusquement avant qu'elle finisse sa phrase et s'était jeté sur elle l'embrassant fougueusement, d'une force telle, qu' elle se "défendit" maladroitement, il y eut comme un ballet de deux corps se disputant le droit de se séparer, de ne plus fusionner.
"Arrête, tu ne peux pas tout gâcher sur des idées aussi saugrenues, notre différence d'âge, et toutes ces conneries que tu me déballes maintenant, arrête je t'en prie, je t'en supplie, c'est toi la femme de ma putain de vie, toi seule"
Simon avait des larmes dans les yeux, dans chacun des mots qui sortaient de sa bouche, le coeur débordait d'émotions lourdes , impossibles à dissimuler, dont il se moquait à ce moment là d'en cacher les failles.
Hélène regardait autour d'elle essayant de se détacher du moment qu'elle vivait , de cet endroit qu'elle avait fréquenté durant deux ans déjà, ses yeux se portèrent sur cet homme grand, élégant, fort et fragile à la fois et elle eut envie une seconde de se jeter dans ses bras et d'effacer tout ce qu'elle venait de détruire en moins de 15 minutes.
"Mais pourquoi?" fit Simon désorienté
Le visage d'Hélène se durcit, elle passa sa main blanche aux ongles carmin sur son visage, et
tira sur son pull ivoire qui rehaussait le noir bleuté de ses cheveux:
"J'ai beaucoup réfléchi ces deux derniers jours, je me suis rendue compte que j'avais vécu jusqu'ici, dans le mensonge, le paraître, l'illusion... Je vis avec mon mari que je n'aime plus depuis, oh, depuis si longtemps que je ne me souviens pas l'avoir un jour aimé, aimé comme je t'ai aimé toi, comme une femme doit aimer, ressentir un élan inconditionnel et sans limite pour celui à qui elle a offert son coeur, sa vie, son âme... J'ai tout avoué à mon mari, il n'a pas semblé très surpris, il avait bu hier soir, il a écouté assis, tout ce que j'ai eu à lui dire, à lui confesser, sans jamais broncher , non jamais!!! J'ai d'ailleurs trouvé cela assez étrange de sa part connaissant
son côté colérique, irascible parfois...enfin, jusqu'à ce que lui aussi se mette à table"
Elle fit une pause, prit la cigarette que lui avait allumé Simon et rejeta ses longs cheveux en arrière avant de continuer d'un ton tranquille et d'une voix apaisée:
"Jusqu'à ce qu'il me confie dans un éclat d'ivrognerie je suppose, qu'il avait une fille..." Hélène se leva, écrasa la cigarette nerveusement dans le cendrier.
Simon écoutait assis les jambes écartées , le buste penché en avant, le verre de cognac entre ses mains, elle continua:
"Il a eu une aventure il y a 30 ans avec une de ses employées, une femme de ménage en fait, une histoire de deux semaines, quelque chose de sordide, enfin, cela a suffit à cette femme pour tomber enceinte, il l'a payé, pour "être tranquille", elle n'exigeait rien, sa culpabilité à lui si!
Il a été jusqu'à pousser son sentiment de culpabilité pour trouver à cette fille improbable un emploi..."
Simon se leva intrigué soudain et posa son verre, puis les mains dans les poches de son pantalon vint près d'Hélène qui lui sembla particulièrement nerveuse et irritable, posa une main sur son épaule,elle frissonna et se rassit sur le canapé:
"Quand je pense qu'il a eu l'audace, la perversion même de prendre sa fille comme employée de maison! Mais quelle horreur!" Hélène tourna vivement la tête puis se leva visiblement perturbée, désorientée.
Simon se frotta le front puis s'approchant d'Hèlène releva son menton , déposa un baiser sur sa bouche sans fard, trouva sa maîtresse plus belle que jamais, sans artifice, sans cette assurance qui la caractérisait, il se dit que parfois la plus haute des montagnes , la plus inaccessible cache des faiblesses.
Il prit la main d'Hélène, et lui chuchota à l'oreille avant de fermer la porte de sa chambre derrière eux:
"Tout est terminé, mais pas pour nous, tout ne fait que commencer."
Il passa rapidement sa chemise qu'il avait abandonné 5 minutes plus tôt, et demanda avant d'ouvrir la porte:
"Qui est-ce ?"
Un "C'est moi, Hélène" fut le sésame qu'il attendait, il ouvrit promptement, et accueillit sa maîtresse qui entra prestement dans l'appartement.
Alors qu'il allait la prendre dans ses bras, elle feignit de se recoiffer devant le miroir de l'entrée, sourit et entra directement dans le salon.
Simon qui sentait les choses, instinctivement, animalement, restait les mains dans les poches la regardant évoluer à son aise dans son salon, elle ouvrit les volets roulants, puis fit glisser le store vénitien, tous ses gestes étaient empreints de délicatesse, de douceur et d'habitudes.
Elle s'installa sur le canapé après avoir fait glisser ses sandales à hauts talons sur la moquette, puis s'étira comme le ferait une chatte siamoise délicate et à demie endormie.
Simon avança enfin jusqu'à elle, et s'agenouilla près du canapé, elle prit sa tête et en caressa le crâne , Simon ferma les paupières.
"Tu m'as manqué" dit il simplement, elle ne répondit pas, puis s'assit et demanda d'un air détaché:
"Tu aurais quelque chose à boire?" Un peu décontenancé , il se leva et se dirigea vers la cuisine, d'où il proposa en haussant la voix:
"Du jus d'orange? du Perrier, ce que tu veux..." Elle ne répondit pas, il entendit seulement le bruit d'un verre posé sur la table et d'une bouteille que l'on débouche, il ferma le réfrigérateur et découvrit Hélène assise de nouveau sur le canapé un verre de cognac à la main.
Il sembla à Simon que quelque chose était en train de se passer, une scène dans laquelle il n'était que le spectateur, un témoin impuissant et passif d'un scénario sur lequel il ne savait pas improviser...
"Tu bois de l'alcool?" elle ne répondit pas, elle faisait valser le liquide couleur d'ambre dans son verre , d'un air songeur et préoccupé.
Simon s'assit près d'elle, lui prit la main qui n'était pas occupée et l'embrassa doucement, elle sourit et se retourna vers lui:
"Oui, tu vois je bois de l'alcool, j'en avais besoin, aujourd'hui , en ce moment précis"
Simon sentait son coeur battre à tout rompre, il s'attendait à tout moment à recevoir un pieu dans le coeur, il se leva et s'écria :
"Qu'est-ce que cela signifie? parle moi "
Hélène posa son verre après avoir bu une gorgée et toussé, Simon attendant, fébrile:
"Je ne suis plus enceinte" alors que Simon allait se précipiter vers elle près à la serrer dans ses bras, elle le repoussa doucement, en lui touchant le bras:
"Non Simon, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà..."
Simon changea d'expression , il fronça les sourcils et s'exclama:
"De quoi parles tu? Viens en au fait et vite"
Hélène surprise du ton de son amant, rougit un peu, puis baissa les yeux:
"Il y a ... que nous deux c'est terminé, c'est la fin"
Elle le fixa droit dans les yeux en terminant sa phrase, Simon se laissa tomber sur un fauteuil et pris sa tête entre ses mains:
Hélène vint près de lui et lui caressa la nuque d'une façon presque maternelle, les liens passionnels, passionnés qui les avaient uni semblaient n'avoir jamais existé, un grand silence régnait, Simon redressa la tête brusquement :
"Mais, on s'aime tous les deux, et cet enfant... " Hèlène se leva, frotta ses mains nerveusement l'une contre l'autre et alla près de la fenêtre, tournant le dos à son amant:
"Je ne pouvais pas décemment garder cet enfant, je n'ai plus l'âge pour être mère, enfin, je n'en ai pas envie...toi tu es jeune, tu as toute ta vie devant toi, moi, le meilleur je l'ai eu avec toi sans doute, mais désormais, nos routes se séparent "
Simon s'était levé brusquement avant qu'elle finisse sa phrase et s'était jeté sur elle l'embrassant fougueusement, d'une force telle, qu' elle se "défendit" maladroitement, il y eut comme un ballet de deux corps se disputant le droit de se séparer, de ne plus fusionner.
"Arrête, tu ne peux pas tout gâcher sur des idées aussi saugrenues, notre différence d'âge, et toutes ces conneries que tu me déballes maintenant, arrête je t'en prie, je t'en supplie, c'est toi la femme de ma putain de vie, toi seule"
Simon avait des larmes dans les yeux, dans chacun des mots qui sortaient de sa bouche, le coeur débordait d'émotions lourdes , impossibles à dissimuler, dont il se moquait à ce moment là d'en cacher les failles.
Hélène regardait autour d'elle essayant de se détacher du moment qu'elle vivait , de cet endroit qu'elle avait fréquenté durant deux ans déjà, ses yeux se portèrent sur cet homme grand, élégant, fort et fragile à la fois et elle eut envie une seconde de se jeter dans ses bras et d'effacer tout ce qu'elle venait de détruire en moins de 15 minutes.
"Mais pourquoi?" fit Simon désorienté
Le visage d'Hélène se durcit, elle passa sa main blanche aux ongles carmin sur son visage, et
tira sur son pull ivoire qui rehaussait le noir bleuté de ses cheveux:
"J'ai beaucoup réfléchi ces deux derniers jours, je me suis rendue compte que j'avais vécu jusqu'ici, dans le mensonge, le paraître, l'illusion... Je vis avec mon mari que je n'aime plus depuis, oh, depuis si longtemps que je ne me souviens pas l'avoir un jour aimé, aimé comme je t'ai aimé toi, comme une femme doit aimer, ressentir un élan inconditionnel et sans limite pour celui à qui elle a offert son coeur, sa vie, son âme... J'ai tout avoué à mon mari, il n'a pas semblé très surpris, il avait bu hier soir, il a écouté assis, tout ce que j'ai eu à lui dire, à lui confesser, sans jamais broncher , non jamais!!! J'ai d'ailleurs trouvé cela assez étrange de sa part connaissant
son côté colérique, irascible parfois...enfin, jusqu'à ce que lui aussi se mette à table"
Elle fit une pause, prit la cigarette que lui avait allumé Simon et rejeta ses longs cheveux en arrière avant de continuer d'un ton tranquille et d'une voix apaisée:
"Jusqu'à ce qu'il me confie dans un éclat d'ivrognerie je suppose, qu'il avait une fille..." Hélène se leva, écrasa la cigarette nerveusement dans le cendrier.
Simon écoutait assis les jambes écartées , le buste penché en avant, le verre de cognac entre ses mains, elle continua:
"Il a eu une aventure il y a 30 ans avec une de ses employées, une femme de ménage en fait, une histoire de deux semaines, quelque chose de sordide, enfin, cela a suffit à cette femme pour tomber enceinte, il l'a payé, pour "être tranquille", elle n'exigeait rien, sa culpabilité à lui si!
Il a été jusqu'à pousser son sentiment de culpabilité pour trouver à cette fille improbable un emploi..."
Simon se leva intrigué soudain et posa son verre, puis les mains dans les poches de son pantalon vint près d'Hélène qui lui sembla particulièrement nerveuse et irritable, posa une main sur son épaule,elle frissonna et se rassit sur le canapé:
"Quand je pense qu'il a eu l'audace, la perversion même de prendre sa fille comme employée de maison! Mais quelle horreur!" Hélène tourna vivement la tête puis se leva visiblement perturbée, désorientée.
Simon se frotta le front puis s'approchant d'Hèlène releva son menton , déposa un baiser sur sa bouche sans fard, trouva sa maîtresse plus belle que jamais, sans artifice, sans cette assurance qui la caractérisait, il se dit que parfois la plus haute des montagnes , la plus inaccessible cache des faiblesses.
Il prit la main d'Hélène, et lui chuchota à l'oreille avant de fermer la porte de sa chambre derrière eux:
"Tout est terminé, mais pas pour nous, tout ne fait que commencer."
Libellés :
CHRONIQUES ORLEANAISES
mardi 15 avril 2008
EPISODE 9: DEFINITION D'UN GRAND AMOUR

La chambre d'hôtel était exiguë, une lumière faible donnait une impression de semi obscurité, la salle de bain était ouverte, Simon s'y engouffra, se lava les mains, se passa de l'eau froide sur le visage et prit une serviette posée sur le porte serviette, tamponna son visage faisant face à son reflet dans le miroir .
Roberta était restée près de la porte de la chambre, les deux mains serrant son sac , les jambes serrées, les pieds se touchant, un silence pesant envahissait la pièce, seules parfois des portes dans le couloir de l'hôtel s'ouvraient, se fermaient, une voix, deux voix qui avaient une conversation en chuchotant , un rire parfois et puis le silence reprenait sa place.
Simon, sortit de la salle de bain, fit glisser son noeud de cravate de la main gauche et ouvrit comme s'il manquait d'air les premiers boutons de sa chemise blanche , il s'assit, puis se releva, fit le tour de la chambre rapidement du regard et interrogeant Roberta sans la regarder:
"Vous avez faim? vous voulez boire quelque chose?" il se retourna brusquement vers elle, elle tressaillit, passa une main dans ses cheveux nerveusement et répondit:
"Euh, non, non merci ça va aller".
Pour la première fois depuis qu'il avait à faire à elle, il crut voir une grande nervosité et un malaise chez son maître chanteur, il redressa la tête et s'approcha d'elle:
"Il y a quelque chose qui ne va pas? ou bien vous avez envie d'en parler?"
Elle ne pouvait fixer son interlocuteur, elle fixait la moquette beige où elle tentait de trouver un défaut, une tâche, une imperfection dans cette fibre là.
Elle sentit aussitôt le rouge lui monter aux joues, sans qu'elle puisse faire quoique ce soit, elle ne contrôlait plus rien.
"Non, je ne veux pas parler, je crois que... je ne sais pas ce qui m'a pris de vous parler comme ça, de ça, de vous avoir amené ici..."
La panique s'emparait d'elle, son front et ses tempes laissaient entrevoir de fines veines bleues, elle sentait ses émotions prendre le dessus, son corps, son âme se liquéfier tout entier, elle voulut sortir précipitamment sans regarder Simon, mais d'un pas il se mit en travers de son passage et bloqua la porte de la chambre en s'y adossant :
"Héhé, pas si vite, vous avez voulu qu'on vienne ici, vous aviez décidé d'un marché, vous m'avez fait perdre ma soirée, vous n'allez pas partir comme ça"
Roberta s'accrochant toujours fortement à son sac , n'avait toujours pas levé le regard vers Simon, elle fixait ses pieds, et s'écria:
"AH, mais laissez moi sortir, je suis fatiguée de tout ça, je veux juste partir, rentrer chez moi..."
L'on eut crut entendre un animal traqué, geindre, demander grâce à son chasseur .
Simon recula et dégagea la sortie, il ne reconnaissait pas cette femme là, celle qui lui soutirait de l'argent sous forme de chantage, cette femme avide d'argent, avide de détruire les existences de ceux dont elle enviait les amours, les carrières, les vies...
Simon fermement ordonna:
"Asseyez vous!" Elle obéit, comme résignée et posa son sac sur le sol, Simon vint s'asseoir sur le lit, ainsi il lui faisait face, elle à la table,la tête dans les mains.
"Vous imaginez bien que tout cela doit cesser, de façon définitive." elle avait la tête toujours dans ses deux mains, ses cheveux recouvrant son visage, il se leva et en se dirigeant vers la fenêtre, insista:
"Vous avez compris que vos exactions ne vous mèneraient à rien? mais vous allez me répondre à la fin!" Il se rua sur Roberta prit ses mains et vit qu'elle pleurait, il la lacha et s'assit sur le bord du lit.
"Que comptez vous faire maintenant? de toutes ces informations que vous avez sur Hélène et notre... relation ?"
Roberta essuya ses yeux d'un revers de main et tout en dodelinant de la tête confessa:
"Rien, je ne vais rien faire, je vais donner ma démission chez mes patrons et partir d'Orléans... J'irais bien à Paris, j'ai toujours rêvé d'aller à Paris, la vie serait plus facile pour moi, enfin, peut être..."
Simon avait gardé son air sombre, il passa sa main sur son menton où une barbe naissait déjà, se leva , mit ses mains dans ses poches et demanda:
"Sortons d'ici, je vous ramène chez vous et on oublie tout"
Roberta releva la tête prit son sac et suivit Simon sur le Parking de l'hôtel, il lui ouvrit
la porte et démarra la voiture, la pluie avait cessé de tomber, il faisait froid, Roberta grelotta, Simon s'en aperçut et mit le chauffage, les lumières de la ville semblaient être amicales, les trottoirs brillants, reflétaient les réverbères, la ville toute entière appelait au retour au calme, à la paix, une renaissance salvatrice que seuls connaissent les petits matins.
Ils arrivèrent devant l'immeuble où vivaient Roberta et sa mère, Simon coupa le contact et dit:
"Il faut vraiment que tous ces malentendus cessent, croyez moi, vous auriez pu faire beaucoup de dégâts si vous aviez poursuivi ce but là..."
Roberta fixait le pare brise et acquiesça simplement d'un hochement de tête, puis elle se retourna vers Simon:
"Je voudrais vous poser une question" Simon bougea ses deux mains dans l'attente de la question:
"Allez y"
"N'y voyez rien d'indiscret, je veux juste savoir une chose" elle s'interrompit, glissa une mèche de ses cheveux derrière son oreille et poursuivit rapidement dans un souffle:
"Vous l'aimez ? Enfin je veux dire...comment c'est le véritable amour? comment vous savez que c'est elle?"
Simon parut surpris de cette question qu'il perçut naïvement touchante, il inspira profondément et d'une voix presque basse dit:
"Le grand Amour on le reconnaît parmi des milliers, c'est d'abord la danse de deux regards qui se croisent de deux âmes qui se reconnaissent, puis le manque, la fièvre, lorsqu'on ne voit plus ces yeux là, le grand amour c'est la déchirure quand l'autre est ailleurs, la sensation de grand vertige lorsqu'on le retrouve et qu'on se fond dans l'autre irrémédiablement, on sent que la peau de l'autre est faite spécialement pour nous, rien que pour nous... là tout n'est qu'accord, harmonie, plénitude, plaisir et douceur d'être près l'un de l'autre, même sans se parler, savoir que l'on pense à la même chose, que l'on ressent la même chose au même moment, deux coeurs battant à l'unisson, la joie de respirer son parfum sur une écharpe oubliée, et à travers ce parfum s'enivrer du souvenir des instants passées, le grand Amour ce n'est que ça..."
Roberta, les yeux embuées de larmes, la gorge nouée, ouvrit la porte et lança du désespoir dans la voix :
"J'espère qu'elle a conscience de cet amour là alors... Adieu et pardonnez moi"
La porte claqua, la silhouette au trench coat s'engouffra dans un immeuble, Simon perplexe démarra en jetant un dernier regard sur cet endroit où il savait qu'il ne reviendrait jamais, il enclencha Crescent dans le lecteur et ouvrit sa fenêtre de voiture, un air de Liberté l'envahit.
Roberta était restée près de la porte de la chambre, les deux mains serrant son sac , les jambes serrées, les pieds se touchant, un silence pesant envahissait la pièce, seules parfois des portes dans le couloir de l'hôtel s'ouvraient, se fermaient, une voix, deux voix qui avaient une conversation en chuchotant , un rire parfois et puis le silence reprenait sa place.
Simon, sortit de la salle de bain, fit glisser son noeud de cravate de la main gauche et ouvrit comme s'il manquait d'air les premiers boutons de sa chemise blanche , il s'assit, puis se releva, fit le tour de la chambre rapidement du regard et interrogeant Roberta sans la regarder:
"Vous avez faim? vous voulez boire quelque chose?" il se retourna brusquement vers elle, elle tressaillit, passa une main dans ses cheveux nerveusement et répondit:
"Euh, non, non merci ça va aller".
Pour la première fois depuis qu'il avait à faire à elle, il crut voir une grande nervosité et un malaise chez son maître chanteur, il redressa la tête et s'approcha d'elle:
"Il y a quelque chose qui ne va pas? ou bien vous avez envie d'en parler?"
Elle ne pouvait fixer son interlocuteur, elle fixait la moquette beige où elle tentait de trouver un défaut, une tâche, une imperfection dans cette fibre là.
Elle sentit aussitôt le rouge lui monter aux joues, sans qu'elle puisse faire quoique ce soit, elle ne contrôlait plus rien.
"Non, je ne veux pas parler, je crois que... je ne sais pas ce qui m'a pris de vous parler comme ça, de ça, de vous avoir amené ici..."
La panique s'emparait d'elle, son front et ses tempes laissaient entrevoir de fines veines bleues, elle sentait ses émotions prendre le dessus, son corps, son âme se liquéfier tout entier, elle voulut sortir précipitamment sans regarder Simon, mais d'un pas il se mit en travers de son passage et bloqua la porte de la chambre en s'y adossant :
"Héhé, pas si vite, vous avez voulu qu'on vienne ici, vous aviez décidé d'un marché, vous m'avez fait perdre ma soirée, vous n'allez pas partir comme ça"
Roberta s'accrochant toujours fortement à son sac , n'avait toujours pas levé le regard vers Simon, elle fixait ses pieds, et s'écria:
"AH, mais laissez moi sortir, je suis fatiguée de tout ça, je veux juste partir, rentrer chez moi..."
L'on eut crut entendre un animal traqué, geindre, demander grâce à son chasseur .
Simon recula et dégagea la sortie, il ne reconnaissait pas cette femme là, celle qui lui soutirait de l'argent sous forme de chantage, cette femme avide d'argent, avide de détruire les existences de ceux dont elle enviait les amours, les carrières, les vies...
Simon fermement ordonna:
"Asseyez vous!" Elle obéit, comme résignée et posa son sac sur le sol, Simon vint s'asseoir sur le lit, ainsi il lui faisait face, elle à la table,la tête dans les mains.
"Vous imaginez bien que tout cela doit cesser, de façon définitive." elle avait la tête toujours dans ses deux mains, ses cheveux recouvrant son visage, il se leva et en se dirigeant vers la fenêtre, insista:
"Vous avez compris que vos exactions ne vous mèneraient à rien? mais vous allez me répondre à la fin!" Il se rua sur Roberta prit ses mains et vit qu'elle pleurait, il la lacha et s'assit sur le bord du lit.
"Que comptez vous faire maintenant? de toutes ces informations que vous avez sur Hélène et notre... relation ?"
Roberta essuya ses yeux d'un revers de main et tout en dodelinant de la tête confessa:
"Rien, je ne vais rien faire, je vais donner ma démission chez mes patrons et partir d'Orléans... J'irais bien à Paris, j'ai toujours rêvé d'aller à Paris, la vie serait plus facile pour moi, enfin, peut être..."
Simon avait gardé son air sombre, il passa sa main sur son menton où une barbe naissait déjà, se leva , mit ses mains dans ses poches et demanda:
"Sortons d'ici, je vous ramène chez vous et on oublie tout"
Roberta releva la tête prit son sac et suivit Simon sur le Parking de l'hôtel, il lui ouvrit
la porte et démarra la voiture, la pluie avait cessé de tomber, il faisait froid, Roberta grelotta, Simon s'en aperçut et mit le chauffage, les lumières de la ville semblaient être amicales, les trottoirs brillants, reflétaient les réverbères, la ville toute entière appelait au retour au calme, à la paix, une renaissance salvatrice que seuls connaissent les petits matins.
Ils arrivèrent devant l'immeuble où vivaient Roberta et sa mère, Simon coupa le contact et dit:
"Il faut vraiment que tous ces malentendus cessent, croyez moi, vous auriez pu faire beaucoup de dégâts si vous aviez poursuivi ce but là..."
Roberta fixait le pare brise et acquiesça simplement d'un hochement de tête, puis elle se retourna vers Simon:
"Je voudrais vous poser une question" Simon bougea ses deux mains dans l'attente de la question:
"Allez y"
"N'y voyez rien d'indiscret, je veux juste savoir une chose" elle s'interrompit, glissa une mèche de ses cheveux derrière son oreille et poursuivit rapidement dans un souffle:
"Vous l'aimez ? Enfin je veux dire...comment c'est le véritable amour? comment vous savez que c'est elle?"
Simon parut surpris de cette question qu'il perçut naïvement touchante, il inspira profondément et d'une voix presque basse dit:
"Le grand Amour on le reconnaît parmi des milliers, c'est d'abord la danse de deux regards qui se croisent de deux âmes qui se reconnaissent, puis le manque, la fièvre, lorsqu'on ne voit plus ces yeux là, le grand amour c'est la déchirure quand l'autre est ailleurs, la sensation de grand vertige lorsqu'on le retrouve et qu'on se fond dans l'autre irrémédiablement, on sent que la peau de l'autre est faite spécialement pour nous, rien que pour nous... là tout n'est qu'accord, harmonie, plénitude, plaisir et douceur d'être près l'un de l'autre, même sans se parler, savoir que l'on pense à la même chose, que l'on ressent la même chose au même moment, deux coeurs battant à l'unisson, la joie de respirer son parfum sur une écharpe oubliée, et à travers ce parfum s'enivrer du souvenir des instants passées, le grand Amour ce n'est que ça..."
Roberta, les yeux embuées de larmes, la gorge nouée, ouvrit la porte et lança du désespoir dans la voix :
"J'espère qu'elle a conscience de cet amour là alors... Adieu et pardonnez moi"
La porte claqua, la silhouette au trench coat s'engouffra dans un immeuble, Simon perplexe démarra en jetant un dernier regard sur cet endroit où il savait qu'il ne reviendrait jamais, il enclencha Crescent dans le lecteur et ouvrit sa fenêtre de voiture, un air de Liberté l'envahit.
Libellés :
CHRONIQUES ORLEANAISES
jeudi 10 avril 2008
EPISODE 8: BORDERLINE

Sous la pluie diluvienne, Simon roulait doucement, circulant lentement sans beaucoup de visibilité dans un quartier qu'il ne connaissait pas, il se fit la réflexion à haute voix qu'il n'avait d'ailleurs jamais mis les pieds à cet endroit.
Seuls les réverbères allumés lui permettaient de distinguer les grandes tours, ces grandes barres construites vers la fin des années 70 qui imposaient leur cynisme et leur froideur au milieu des rues hostiles, sans poésie.
Il prit un morceau de papier où était griffonnée une adresse, adresse notée à la hâte, fébrilement, le froissa en boule et se gara devant un immeuble identique à tous ceux devant lesquels il était passé, seul le numéro 75 G lui permit d'être sûr qu'il était au bon endroit.
Il regarda sa montre, il était 21h57, il avait rendez vous à 22 heures, plus que quelques minutes à patienter.
Simon passa la main sur son crâne aux cheveux rasés de près, baissa le rétroviseur, trouva qu'il avait les yeux cernés , extirpa de la boite à gants, entre une paire de gants en cuir, un paquet de bonbons à la menthe et un plan de Paris, un cd de John Coltrane, ce cd il le possédait en deux exemplaires, un chez lui et un dans sa voiture.
La première fois qu'il avait entendu l'album Crescent de John Coltrane, il était chez les amis de son cousin Sacha, Simon d'un naturel timide et réservé, n'avait pu s'empêcher d'interrompre la conversation pour demander à leur hôte quel était ce morceau qui passait, on lui avait répondu que le morceau s'intitulait Crescent tout comme le titre de l'album, et que c'était une oeuvre de John Coltrane, Simon fit comme transporté ce jour là, passionné et se découvrit une folle envie de devenir musicien de jazz, lui pourtant fanatique de Satie, Debussy et Chopin, il n'eut plus qu'une seule et unique obsession : être pianiste de Jazz.
Pour sa famille, la musique était un violon d'Ingres, une occupation dans laquelle certes, il excellait mais qui ne devait en rien faire défaillir son goût pour les études et surtout la facilité qu'il avait à emmagasiner des informations.
Pour Mina sa mère et Serge son père, il était hors de question d'envisager de sacrifier son futur, son avenir professionnel à cause de ce qu'ils appelaient une tocade: "la musique".
Et pourtant si on lui avait laissé le choix, il aurait rêvé d'intégrer la grande école de Boston, le Berklee College of music, mais Simon malgré sa grande et véritable passion pour la musique avait entre autres pour trait de caractère à l'époque d'être raisonnable et conciliant afin de ménager la grande susceptibilité de sa mère.
Il fit donc "pharmacie" comme on dit et étudia facilement grâce à une aptitude naturelle pour les études et pour apprendre, ce qui lui permit pendant le temps qui lui restait de libre de jouer, composer, des morceaux de musique jazz.
Ces interludes étaient un fabuleux exutoire à la pression que lui imposait sans vraiment s'en rendre compte ses parents, afin qu'il réussisse à devenir "quelqu'un" comme ils disaient à leurs amis, si souvent en parlant de Simon pendant ces parties de carte qui n'en finissaient pas dans le salon familial.
Simon qui attirait les filles par son côté ténébreux, premier de la classe, et qui avait sans aucun effort un charisme hors du commun, ne perdait jamais de temps lorsqu'il avait une aventure avec l'une d'elles, il succombait et rompait très rapidement, toujours en invoquant les examens et le temps qu'il ne pouvait consacrer à une relation amoureuse sérieuse.
La vérité était toute autre, il préférait répéter avec ses amis, jouer de bons morceaux de jazz que de perdre du temps dans des amourettes sans lendemain, il préferait caresser le clavier de son Grotrian-Steinweg plutôt que le corps des filles.
Ceci faisait le désespoir de sa mère qui toujours pendant ces parties de carte se plaignait auprès de ses amies Lizbeth et Rachel, en levant les mains au ciel :"Rah, mais je ne comprends pas Simon, beau comme il est, il n'a toujours pas de fiancée à nous présenter, je ne comprends vraiment pas!"
Un matin, Mina avait d'ailleurs pris Simon entre quatre yeux pour tenter d'obtenir les réponses aux multiples et parfois scabreuses questions qu'elles se posaient:
"Dis moi Simon, si tu ne ramènes pas de fille à la maison, c'est parce que peut être, tu ne les apprécies pas, toi, les filles".
Simon, ne comprenant pas vraiment où sa mère voulait en venir, avait eu un léger haussement de sourcil, s'était passé machinalement la main sur la tête et fixant sa mère:
"Je ne comprends pas?"
"Comment? tu ne comprends pas? Je suis en train de t'aider là, je te tends la perche et tu ne m'aides pas! Je te disais que peut être que tu préfères les hommes!" elle avait lâché ça en baissant la tête, puis avait saisi un torchon et frottait une tache imaginaire sur la porte de la cuisine, Simon comprit en un instant et éclata d'un rire franc et sonore, il prit sa mère par les épaules et affichant son sourire le plus enjôleur s'écria:
"Qu'est-ce que tu vas t'imaginer encore!!! Oh mamina, je ne suis pas homosexuel maman, j'aime les femmes, mais je n'ai pas le temps pour une véritable relation c'est tout!"
Mina parut satisfaite de la réponse de son fils, haussa ses épaules frêles et un peu voûtées et leva les mains au ciel:
"Tu ne me dis rien, je ne peux pas deviner moi!"
Simon prit une pomme sourit et rétorqua:
"T'inquiètes, le jour où je ramenerais une fille à la maison ce sera la bonne!".
La portière de la voiture s'ouvrit sur une Roberta serrée dans son imperméable mastic ceinturé, elle portait un foulard en soie bleue sur la tête, sûrement pour la protéger de la pluie qui tombait toujours et qui semblait engorger les caniveaux.
Simon éteignit le poste radio et froidement accueillit sa passagère:
"Qu'est ce que vous me voulez encore?"
Roberta sourit d'un air moqueur, dodelina de la tête, enleva son foulard, fit mousser ses boucles de cheveux en y passant la main et s'écria:
"Oh trop aimable, bonsoir quand même!"
Simon fit surpris de la nouvelle apparence de Roberta, il tourna la tête d'un air agacé vers sa vitre, regardant les tours aux rideaux de pluie, puis se retourna vivement lorsqu'il s'aperçut qu'elle avait allumé une cigarette et fumait tranquillement, détendue, il lui arracha la cigarette de la main et la jeta par la fenêtre de la voiture:
"On ne fume pas dans ma voiture"
Roberta ne s'en vexa pas, elle regarda son visage fardé dans le miroir du pare soleil et répondit sans regarder Simon:
"Ben alors ,emmenez moi dans un endroit où je pourrais fumer tout en discutant avec vous"
"Discuter de quoi? Je n'ai rien à vous dire, et je n'ai aucune envie qu'on nous voit ensemble"
Le ton de Simon était sans appel, la phrase cinglante et glaciale, cela n'eut aucun effet décourageant sur sa passagère, elle continua toujours sur le même ton badin:
"J'ai un marché à vous proposer, on conclut le marché et pfff (elle fit un signe en l'air)vous n'entendrez plus parler de moi"
Simon interloqué et méfiant à l'égard de Roberta lui fit face enfin:
"Un marché? combien vous voulez encore? Je vous ai déjà donné 15 000 euros, je ne vous donnerai pas un sou de plus, je n'ai plus rien"
Roberta pouffa de rire comme une adolescente et prit la main de Simon, il la retira aussitôt.
"Mais, non, plus de question d'argent entre nous, c'est fini, je veux autre chose et après "pff" je disparais, je m'évapore..."
Elle le regardait un large sourire sur les lèvres, le regard pétillant, un peu en coin.
Simon excédé lui prit fermement le poignet, elle poussa un cri :
"Mais, vous avez bu??? Maintenant on arrête de jouer, vous voulez quoi au juste?"
Elle se libéra de son emprise :
"Aïe, vous me faites mal" puis :
"Ce que je veux? Une nuit avec vous".
Simon qui regardait vers la rue déserte, se retourna lentement vers Roberta, observa ce visage, ces cheveux, ces lèvres couleur des pétales de coquelicot et crut un instant défaillir, il sentit ses mains trembler et tout son être se fondre dans l'air qui devenait irrespirable tant la tension était à son paroxysme, il prit sa tête entre ses deux mains, enclencha la clef, fit démarrer la voiture, tout en roulant il dit :
"Et ensuite ...vous disparaîtrez de nos vies", Roberta répondit par un hochement de tête et leva la main droite.
Simon se demandait si cette situation n'était pas un rêve, la vision surréaliste d'un cauchemar, toujours en regardant droit sur la route devant lui il dit d'une voix morne:
"Je vous préviens, je ne vous embrasserai pas", le sourire de Roberta s'effaça pour laisser place à un rictus amer, elle marchait sur le fil du rasoir et ne contrôlait plus rien à partir de maintenant.
Seuls les réverbères allumés lui permettaient de distinguer les grandes tours, ces grandes barres construites vers la fin des années 70 qui imposaient leur cynisme et leur froideur au milieu des rues hostiles, sans poésie.
Il prit un morceau de papier où était griffonnée une adresse, adresse notée à la hâte, fébrilement, le froissa en boule et se gara devant un immeuble identique à tous ceux devant lesquels il était passé, seul le numéro 75 G lui permit d'être sûr qu'il était au bon endroit.
Il regarda sa montre, il était 21h57, il avait rendez vous à 22 heures, plus que quelques minutes à patienter.
Simon passa la main sur son crâne aux cheveux rasés de près, baissa le rétroviseur, trouva qu'il avait les yeux cernés , extirpa de la boite à gants, entre une paire de gants en cuir, un paquet de bonbons à la menthe et un plan de Paris, un cd de John Coltrane, ce cd il le possédait en deux exemplaires, un chez lui et un dans sa voiture.
La première fois qu'il avait entendu l'album Crescent de John Coltrane, il était chez les amis de son cousin Sacha, Simon d'un naturel timide et réservé, n'avait pu s'empêcher d'interrompre la conversation pour demander à leur hôte quel était ce morceau qui passait, on lui avait répondu que le morceau s'intitulait Crescent tout comme le titre de l'album, et que c'était une oeuvre de John Coltrane, Simon fit comme transporté ce jour là, passionné et se découvrit une folle envie de devenir musicien de jazz, lui pourtant fanatique de Satie, Debussy et Chopin, il n'eut plus qu'une seule et unique obsession : être pianiste de Jazz.
Pour sa famille, la musique était un violon d'Ingres, une occupation dans laquelle certes, il excellait mais qui ne devait en rien faire défaillir son goût pour les études et surtout la facilité qu'il avait à emmagasiner des informations.
Pour Mina sa mère et Serge son père, il était hors de question d'envisager de sacrifier son futur, son avenir professionnel à cause de ce qu'ils appelaient une tocade: "la musique".
Et pourtant si on lui avait laissé le choix, il aurait rêvé d'intégrer la grande école de Boston, le Berklee College of music, mais Simon malgré sa grande et véritable passion pour la musique avait entre autres pour trait de caractère à l'époque d'être raisonnable et conciliant afin de ménager la grande susceptibilité de sa mère.
Il fit donc "pharmacie" comme on dit et étudia facilement grâce à une aptitude naturelle pour les études et pour apprendre, ce qui lui permit pendant le temps qui lui restait de libre de jouer, composer, des morceaux de musique jazz.
Ces interludes étaient un fabuleux exutoire à la pression que lui imposait sans vraiment s'en rendre compte ses parents, afin qu'il réussisse à devenir "quelqu'un" comme ils disaient à leurs amis, si souvent en parlant de Simon pendant ces parties de carte qui n'en finissaient pas dans le salon familial.
Simon qui attirait les filles par son côté ténébreux, premier de la classe, et qui avait sans aucun effort un charisme hors du commun, ne perdait jamais de temps lorsqu'il avait une aventure avec l'une d'elles, il succombait et rompait très rapidement, toujours en invoquant les examens et le temps qu'il ne pouvait consacrer à une relation amoureuse sérieuse.
La vérité était toute autre, il préférait répéter avec ses amis, jouer de bons morceaux de jazz que de perdre du temps dans des amourettes sans lendemain, il préferait caresser le clavier de son Grotrian-Steinweg plutôt que le corps des filles.
Ceci faisait le désespoir de sa mère qui toujours pendant ces parties de carte se plaignait auprès de ses amies Lizbeth et Rachel, en levant les mains au ciel :"Rah, mais je ne comprends pas Simon, beau comme il est, il n'a toujours pas de fiancée à nous présenter, je ne comprends vraiment pas!"
Un matin, Mina avait d'ailleurs pris Simon entre quatre yeux pour tenter d'obtenir les réponses aux multiples et parfois scabreuses questions qu'elles se posaient:
"Dis moi Simon, si tu ne ramènes pas de fille à la maison, c'est parce que peut être, tu ne les apprécies pas, toi, les filles".
Simon, ne comprenant pas vraiment où sa mère voulait en venir, avait eu un léger haussement de sourcil, s'était passé machinalement la main sur la tête et fixant sa mère:
"Je ne comprends pas?"
"Comment? tu ne comprends pas? Je suis en train de t'aider là, je te tends la perche et tu ne m'aides pas! Je te disais que peut être que tu préfères les hommes!" elle avait lâché ça en baissant la tête, puis avait saisi un torchon et frottait une tache imaginaire sur la porte de la cuisine, Simon comprit en un instant et éclata d'un rire franc et sonore, il prit sa mère par les épaules et affichant son sourire le plus enjôleur s'écria:
"Qu'est-ce que tu vas t'imaginer encore!!! Oh mamina, je ne suis pas homosexuel maman, j'aime les femmes, mais je n'ai pas le temps pour une véritable relation c'est tout!"
Mina parut satisfaite de la réponse de son fils, haussa ses épaules frêles et un peu voûtées et leva les mains au ciel:
"Tu ne me dis rien, je ne peux pas deviner moi!"
Simon prit une pomme sourit et rétorqua:
"T'inquiètes, le jour où je ramenerais une fille à la maison ce sera la bonne!".
La portière de la voiture s'ouvrit sur une Roberta serrée dans son imperméable mastic ceinturé, elle portait un foulard en soie bleue sur la tête, sûrement pour la protéger de la pluie qui tombait toujours et qui semblait engorger les caniveaux.
Simon éteignit le poste radio et froidement accueillit sa passagère:
"Qu'est ce que vous me voulez encore?"
Roberta sourit d'un air moqueur, dodelina de la tête, enleva son foulard, fit mousser ses boucles de cheveux en y passant la main et s'écria:
"Oh trop aimable, bonsoir quand même!"
Simon fit surpris de la nouvelle apparence de Roberta, il tourna la tête d'un air agacé vers sa vitre, regardant les tours aux rideaux de pluie, puis se retourna vivement lorsqu'il s'aperçut qu'elle avait allumé une cigarette et fumait tranquillement, détendue, il lui arracha la cigarette de la main et la jeta par la fenêtre de la voiture:
"On ne fume pas dans ma voiture"
Roberta ne s'en vexa pas, elle regarda son visage fardé dans le miroir du pare soleil et répondit sans regarder Simon:
"Ben alors ,emmenez moi dans un endroit où je pourrais fumer tout en discutant avec vous"
"Discuter de quoi? Je n'ai rien à vous dire, et je n'ai aucune envie qu'on nous voit ensemble"
Le ton de Simon était sans appel, la phrase cinglante et glaciale, cela n'eut aucun effet décourageant sur sa passagère, elle continua toujours sur le même ton badin:
"J'ai un marché à vous proposer, on conclut le marché et pfff (elle fit un signe en l'air)vous n'entendrez plus parler de moi"
Simon interloqué et méfiant à l'égard de Roberta lui fit face enfin:
"Un marché? combien vous voulez encore? Je vous ai déjà donné 15 000 euros, je ne vous donnerai pas un sou de plus, je n'ai plus rien"
Roberta pouffa de rire comme une adolescente et prit la main de Simon, il la retira aussitôt.
"Mais, non, plus de question d'argent entre nous, c'est fini, je veux autre chose et après "pff" je disparais, je m'évapore..."
Elle le regardait un large sourire sur les lèvres, le regard pétillant, un peu en coin.
Simon excédé lui prit fermement le poignet, elle poussa un cri :
"Mais, vous avez bu??? Maintenant on arrête de jouer, vous voulez quoi au juste?"
Elle se libéra de son emprise :
"Aïe, vous me faites mal" puis :
"Ce que je veux? Une nuit avec vous".
Simon qui regardait vers la rue déserte, se retourna lentement vers Roberta, observa ce visage, ces cheveux, ces lèvres couleur des pétales de coquelicot et crut un instant défaillir, il sentit ses mains trembler et tout son être se fondre dans l'air qui devenait irrespirable tant la tension était à son paroxysme, il prit sa tête entre ses deux mains, enclencha la clef, fit démarrer la voiture, tout en roulant il dit :
"Et ensuite ...vous disparaîtrez de nos vies", Roberta répondit par un hochement de tête et leva la main droite.
Simon se demandait si cette situation n'était pas un rêve, la vision surréaliste d'un cauchemar, toujours en regardant droit sur la route devant lui il dit d'une voix morne:
"Je vous préviens, je ne vous embrasserai pas", le sourire de Roberta s'effaça pour laisser place à un rictus amer, elle marchait sur le fil du rasoir et ne contrôlait plus rien à partir de maintenant.
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CHRONIQUES ORLEANAISES
dimanche 6 avril 2008
EPISODE 7: LE MIRAGE

" Ça vous plaît?" La coiffeuse tenait le miroir laissant ainsi sa cliente juger du résultat dans le reflet du miroir client.
Roberta passa une main dans ses cheveux permanentés, s'avança près de la glace pour apprécier sa nouvelle couleur :
"Oui, c'est très bien c'est exactement ce que je voulais, pour la couleur, ça ne risque pas trop de dégorger aux fils des shampooings?"
Elle se retourna vers la coiffeuse qui la débarrassait de son peignoir:
" Ah, pour ça, vous allez être tranquille, le noir est une couleur aux pigments tenaces , pas de souci, revenez dans 3 semaines pour les racines, et on coupera les pointes, je vais vous conseiller également un shampooing spécial cheveux permanentés et colorés ainsi qu'un masque contre les pointes sèches" Tout en déballant son laïus commercial, la rousse aux pommettes ultra maquillées, se dirigeait vers le comptoir de la caisse en se dandinant de façon élastique sur ses talons aiguilles:
"Voilà le shampooing et le soin que je vous conseille pour l'entretien de vos cheveux, ils sont un peu fragilisés et l'alliance de ces deux produits sera parfaite pour avoir un joli cheveu"
Roberta fixait d'un air amusé, à la limite du narquois, son interlocutrice tout en mâchant son chewing gum:
"Non, moi je veux celui-là, là bas, derrière vous..." elle pointa son doigt vers l'étagère où étaient tous les produits destinés à la vente: La rousse, surprise se retourna et demanda:
"Lequel?"
"'La bouteille rose là en bas", la rousse fit tinter la dizaine de bracelets qui dansaient sur son poignet et sourit en se relevant:
"Ah, mais celui ci c'est un shampooing pour les cheveux naturels, pour les cheveux permanentés c'est..." Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase, Roberta dans une envolée de pans de son imperméable, se baissa près du présentoir à produits et amena la bouteille qu'elle avait désigné plus tôt.
Elle la posa fermement sur le comptoir et dit en fixant toujours la coiffeuse:
"C'est combien pour le total? Je paye en liquide!"
Lorsqu'elle fut dans la rue, Roberta s'arrêta à plusieurs reprises devant les vitrines des magasins et scruta son reflet , le visage de la nouvelle Roberta, imaginée, créée par elle et par elle seule.
Elle sourit de contentement et entra dans une parfumerie:
Une vendeuse en tailleur bleu marine, chignon et maquillage sophistiqué, à l'allure d'hôtesse de l'air, vint à sa rencontre , un sourire figé et forcé sur son visage :
"Madame, je peux vous conseiller?" Roberta était plantée , songeuse devant le " mur de parfums", elle sourit , un peu mal à l'aise :
"Je sais ce que je veux, je voudrais Aromatics Elixir", "l'hôtesse de l'air" le sourire toujours figé mais plus détendue que cinq minutes auparavant fit glisser un tiroir , en sortit une boite, puis prit un testeur et s'approchant de Roberta.
"Je vous parfume avec Aromatics?", Roberta sourit, rougit un peu et acquiesça :
Elle ferma les yeux pendant que les effluves de ce parfum qui était désormais le sien, pénétraient, accrochaient chaque parcelle de ses vêtements, chaque atome de sa peau , de ses cheveux, chaque morceau de cette nouvelle Roberta.
" Vous avez besoin d'autres choses?" Roberta rougit encore, elle se sentit soudain redevenue enfant , l'enfant timide devant un père Noël intérimaire dans une galerie commerciale pendant les fêtes de Noël.
"Je voulais le rouge à lèvres Coquelicot de Rouge baiser", la vendeuse fronça le nez et regardant avec attention Roberta:
"Vous ne préféreriez pas un gloss, chez Lancôme il y a les juicy et de très jolies roses qui vous iraient à merveille, le rouge mat aura tendance à vieillir un peu, voir à durcir"
Roberta se sentit attaquée, comme blessée, elle fit le geste de défroisser son imperméable puis d'une voix empreinte de nervosité, haussa le ton:
"un gloss? je m'en fous de vos gloss, ce que je veux c'est le rouge coquelicot de rouge baiser, c'est pas compliqué pourtant ce que je demande? "
Déjà certains clients qui attendaient à la caisse se retournèrent surpris par le ton de la conversation d'à côté, la vendeuse-hôtesse de l'air, le sourire figé en moins se dirigea vers un présentoir et donna le bâton de rouge à lèvres à Roberta:
"Voilà, ce que vous m'avez demandé, je vous laisse aller en caisse avec vos deux articles, à bientôt dans notre magasin Madame" puis elle tourna les talons et discrètement alla discuter à voix très basse avec deux autres "hôtesses de l'air".
Ce spasme de stress passé, Roberta paya et sortit du magasin fièrement son sac d'emplettes à la main.
Lorsqu'elle entra dans le Bar le "favori", elle sourit timidement au patron qui ne la reconnut pas, puis lorsqu'il vint prendre la commande à la table de Roberta , il s'exclama enfin:
"Bah, je vous avais pas reconnu, et beh, quelle changement, je n'en reviens pas, vous êtes ...vous êtes une autre comme ça, c'est sûr ce n'est pas la même! Mais je lui sers quoi à la nouvelle moi?"
Et il laissa éclater un gros rire tonitruant.
Roberta sourit et en sortant de son sac , son paquet de cigarettes menthol et un miroir de poche s' écria:
"Pareil que d'habitude, à cette heure là " elle regarda sa montre
"Un kir amande"
Pendant qu'elle attendait son verre, elle prit son miroir de poche, appliqua avec soin et avec une attention méticuleuse son rouge à lèvres, couleur des pétales du coquelicot, fit une moue à son reflet et eut une lueur nouvelle dans le regard, la femme attablée à cette table, dans ce bar, n'avait plus rien en commun avec la Roberta qui traînait auparavant sa solitude, son mal être, ses cheveux châtains plats et ternes, une fille sans éclat, que l'on ne remarquait pas, elle rejeta les cheveux en arrière et prit une longue respiration , elle voulait profiter pour toujours, à jamais, de ce moment d'éternité là, sentir être quelqu'un d'autre et ne jamais revenir en arrière, abandonner sa vie d'avant comme on met au rebut , un vieux vêtement qu'on a trop porté, même si cette vie future là, qu'elle s'imaginait déjà avait tout d'un mirage.
Roberta passa une main dans ses cheveux permanentés, s'avança près de la glace pour apprécier sa nouvelle couleur :
"Oui, c'est très bien c'est exactement ce que je voulais, pour la couleur, ça ne risque pas trop de dégorger aux fils des shampooings?"
Elle se retourna vers la coiffeuse qui la débarrassait de son peignoir:
" Ah, pour ça, vous allez être tranquille, le noir est une couleur aux pigments tenaces , pas de souci, revenez dans 3 semaines pour les racines, et on coupera les pointes, je vais vous conseiller également un shampooing spécial cheveux permanentés et colorés ainsi qu'un masque contre les pointes sèches" Tout en déballant son laïus commercial, la rousse aux pommettes ultra maquillées, se dirigeait vers le comptoir de la caisse en se dandinant de façon élastique sur ses talons aiguilles:
"Voilà le shampooing et le soin que je vous conseille pour l'entretien de vos cheveux, ils sont un peu fragilisés et l'alliance de ces deux produits sera parfaite pour avoir un joli cheveu"
Roberta fixait d'un air amusé, à la limite du narquois, son interlocutrice tout en mâchant son chewing gum:
"Non, moi je veux celui-là, là bas, derrière vous..." elle pointa son doigt vers l'étagère où étaient tous les produits destinés à la vente: La rousse, surprise se retourna et demanda:
"Lequel?"
"'La bouteille rose là en bas", la rousse fit tinter la dizaine de bracelets qui dansaient sur son poignet et sourit en se relevant:
"Ah, mais celui ci c'est un shampooing pour les cheveux naturels, pour les cheveux permanentés c'est..." Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase, Roberta dans une envolée de pans de son imperméable, se baissa près du présentoir à produits et amena la bouteille qu'elle avait désigné plus tôt.
Elle la posa fermement sur le comptoir et dit en fixant toujours la coiffeuse:
"C'est combien pour le total? Je paye en liquide!"
Lorsqu'elle fut dans la rue, Roberta s'arrêta à plusieurs reprises devant les vitrines des magasins et scruta son reflet , le visage de la nouvelle Roberta, imaginée, créée par elle et par elle seule.
Elle sourit de contentement et entra dans une parfumerie:
Une vendeuse en tailleur bleu marine, chignon et maquillage sophistiqué, à l'allure d'hôtesse de l'air, vint à sa rencontre , un sourire figé et forcé sur son visage :
"Madame, je peux vous conseiller?" Roberta était plantée , songeuse devant le " mur de parfums", elle sourit , un peu mal à l'aise :
"Je sais ce que je veux, je voudrais Aromatics Elixir", "l'hôtesse de l'air" le sourire toujours figé mais plus détendue que cinq minutes auparavant fit glisser un tiroir , en sortit une boite, puis prit un testeur et s'approchant de Roberta.
"Je vous parfume avec Aromatics?", Roberta sourit, rougit un peu et acquiesça :
Elle ferma les yeux pendant que les effluves de ce parfum qui était désormais le sien, pénétraient, accrochaient chaque parcelle de ses vêtements, chaque atome de sa peau , de ses cheveux, chaque morceau de cette nouvelle Roberta.
" Vous avez besoin d'autres choses?" Roberta rougit encore, elle se sentit soudain redevenue enfant , l'enfant timide devant un père Noël intérimaire dans une galerie commerciale pendant les fêtes de Noël.
"Je voulais le rouge à lèvres Coquelicot de Rouge baiser", la vendeuse fronça le nez et regardant avec attention Roberta:
"Vous ne préféreriez pas un gloss, chez Lancôme il y a les juicy et de très jolies roses qui vous iraient à merveille, le rouge mat aura tendance à vieillir un peu, voir à durcir"
Roberta se sentit attaquée, comme blessée, elle fit le geste de défroisser son imperméable puis d'une voix empreinte de nervosité, haussa le ton:
"un gloss? je m'en fous de vos gloss, ce que je veux c'est le rouge coquelicot de rouge baiser, c'est pas compliqué pourtant ce que je demande? "
Déjà certains clients qui attendaient à la caisse se retournèrent surpris par le ton de la conversation d'à côté, la vendeuse-hôtesse de l'air, le sourire figé en moins se dirigea vers un présentoir et donna le bâton de rouge à lèvres à Roberta:
"Voilà, ce que vous m'avez demandé, je vous laisse aller en caisse avec vos deux articles, à bientôt dans notre magasin Madame" puis elle tourna les talons et discrètement alla discuter à voix très basse avec deux autres "hôtesses de l'air".
Ce spasme de stress passé, Roberta paya et sortit du magasin fièrement son sac d'emplettes à la main.
Lorsqu'elle entra dans le Bar le "favori", elle sourit timidement au patron qui ne la reconnut pas, puis lorsqu'il vint prendre la commande à la table de Roberta , il s'exclama enfin:
"Bah, je vous avais pas reconnu, et beh, quelle changement, je n'en reviens pas, vous êtes ...vous êtes une autre comme ça, c'est sûr ce n'est pas la même! Mais je lui sers quoi à la nouvelle moi?"
Et il laissa éclater un gros rire tonitruant.
Roberta sourit et en sortant de son sac , son paquet de cigarettes menthol et un miroir de poche s' écria:
"Pareil que d'habitude, à cette heure là " elle regarda sa montre
"Un kir amande"
Pendant qu'elle attendait son verre, elle prit son miroir de poche, appliqua avec soin et avec une attention méticuleuse son rouge à lèvres, couleur des pétales du coquelicot, fit une moue à son reflet et eut une lueur nouvelle dans le regard, la femme attablée à cette table, dans ce bar, n'avait plus rien en commun avec la Roberta qui traînait auparavant sa solitude, son mal être, ses cheveux châtains plats et ternes, une fille sans éclat, que l'on ne remarquait pas, elle rejeta les cheveux en arrière et prit une longue respiration , elle voulait profiter pour toujours, à jamais, de ce moment d'éternité là, sentir être quelqu'un d'autre et ne jamais revenir en arrière, abandonner sa vie d'avant comme on met au rebut , un vieux vêtement qu'on a trop porté, même si cette vie future là, qu'elle s'imaginait déjà avait tout d'un mirage.
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